Déclaration FSU au CTA du 21 novembre 2011

mardi 22 novembre 2011
par  snu55
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Déclaration FSU au CTA du 21 novembre 2011

C’est bien sûr dans un contexte plus que jamais morose que vous nous réunissez dans ce premier CTA . On le serait à moins alors que les plans d’austérité successifs s’abattent sur les salariés de ce pays. Si les fonctionnaires que nous sommes disposent quand ils sont titulaires de la « sécurité de l’emploi », beaucoup souffrent du blocage du point d’indice. Il a fait passer sous le SMIC les plus petits traitements avant réajustement. La décision d’imposer une journée de carence en cas de congé maladie a été une fois de plus l’occasion de stigmatiser les fonctionnaires, ces privilégiés perpétuels, par rapport aux salariés du privé. Nous ne doutons pas que si l’actualité de nouvelles mesures impopulaires l’exige, notre employeur n’hésitera pas à nous jeter une fois encore en pâture à l’opinion. La poursuite de la RGPP qui se traduit par le non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux et la réduction drastique des postes ouverts aux concours, en particulier dans les filières professionnelles, conduisent à la réduction des offres de formation et au recrutement systématique de non titulaires. Ces politiques auxquelles s’ajoute le choix de favoriser l’apprentissage amène une dégradation sans précédent des formations de la filière professionnelle.

Le bilan de rentrée est lourdement négatif et la rentrée prochaine s’annonce très mal : la casse continue

Le retrait de 298 postes dans le premier degré, 524 dans le second degré, 19 emplois administratifs à cette rentrée 2011 pèse très lourdement sur les conditions de travail et la continuité du service... déjà, dans les écoles, collèges et lycées, des remplacements deviennent impossibles. Des directeurs d’écoles de moins de 4 classes n’ont pu bénéficier de leurs deux jours d’aide et de décharge en début d’année.

Quant au budget 2012, il fait peser les pires craintes sur les conséquences des milliers de suppressions de postes. Combien en Lorraine, encore 600-700, mais où les prendrez-vous cette fois Monsieur le Recteur ?

5 700 emplois seraient supprimés dans les écoles pour une prévision de 8 700 départs en retraite ce qui constitue quasiment un taux de non remplacement de 2 enseignants des écoles sur 3 et ce, alors même que 5 300 élèves supplémentaires sont attendus à la rentrée 2012. Les postes RASED sont une nouvelle fois la cible des suppressions... Les élèves les plus fragiles en souffriraient. La forte diminution des départs en formation contribuent à l’asphyxie de ces dispositifs. Dans l’intérêt des élèves, la FSU mettra tout en œuvre pour empêcher la destruction des RASED orchestrée par le ministère.

La suppression pure et simple de l’aide administrative aux directeurs d’école est ressentie comme une provocation par les collègues... Nous ne pouvons en rester là. La FSU exige la création d’un véritable métier d’aide à la direction et au fonctionnement d’école avec des emplois statutaires et pérennes de la fonction publique, avec une réelle carrière.

En ce qui concerne la situation des infirmières, elles attendent toujours le décret de leur passage en catégorie A ce qui affecte l’équité de carrière pour un diplôme identique et affaiblit l’attractivité de cette fonction à l’Education Nationale. Pour la fonction publique hospitalière, le décret est effectif depuis septembre 2010. La FSU demande la tenue de négociations rapides concernant ce décret car elle est exaspérée du déni du soin infirmier à l’Education Nationale.

Et puis il y a eu cette annonce pas complètement surprenante, mais pas moins scandaleuse d’un projet de décret sur de nouvelles modalités d’évaluation des enseignants. Ce projet nous rappelle que la politique mise en place depuis 2007 à l’égard de l’Ecole et de ses personnels, loin d’être dictée par le contexte de crise est le fruit de choix idéologiques. Ces choix s’inscrivent complètement dans une logique managériale libérale qui est l’antithèse du service public. Elle préfigure les réformes inscrites au programme de l’UMP concernant le renforcement de l’autonomie de l’établissement et de son chef et la volonté de faire voler en éclat le statut des personnels. La destruction de la notion et du sens du service public et de nos missions pourrait ainsi se poursuivre. Avec ce projet de décret et la préparation de la rentrée 2012 sur les mêmes bases que la rentrée 2011, on entre de plein pied dans la campagne des élections politiques de 2012. Le ministère entend continuer à développer une conception concurrentielle où les relations à l’Ecole sont fondées sur la compétition et l’égocentrisme à tous les niveaux. Des méthodes managériales qui ont fait leurs preuves à France Télécom.

Dans les ECLAIR, un décret met en place une indemnité spécifique avec une part modulable proposée par l’IEN ou le chef d’établissement. Cette mesure rompt l’équité entre les collègues, introduit le mérite et risque de diviser les personnels.

Dans un rapport récent, la Cour des Comptes juge les résultats des emplois aidés « décevants ». Elle mentionne des études faisant apparaître un « effet nul, voire négatif » sur le retour à l’emploi des personnels ayant exercé dans le secteur non-marchand. Elle juge sévèrement l’éducation nationale sur le non respect de ses obligations de formation professionnelle des EVS. Plusieurs centaines d’EVS ont maintenant déposé des recours devant les prud’hommes. Ils demandent l’application du code du travail et obtiennent des indemnités liées au licenciement.

Les besoins en personnels qualifiés pour l’aide à la direction d’école et pour l’accompagnement des enfants handicapés sont de plus en plus prégnants. La FSU continue d’exiger la création d’emplois statutaires et pérennes au sein de la fonction publique pour les missions remplies par ces personnels précaires.

Les suppressions d’AED (assistants d’éducation) ont désorganisé le fonctionnement des équipes de vie scolaire mettant en péril l’accueil, la surveillance et la sécurité des élèves.

La FSU est sortie renforcée des élections professionnelles de 2011 en dépit des manœuvres sans complexe de notre ministre. Celui-ci est resté volontairement sourd à toutes nos alertes sur l’organisation de ces élections électroniques qui de façon scandaleuse a privé des milliers de collègues de leur droit de vote. La FSU est toujours et de loin la 1ère fédération de l’éducation nationale. Elle se fera un devoir d’informer les personnels et les parents des enjeux majeurs sur lesquels les candidats auront à prendre des engagements. Pour certains candidats et partis, il n’y a aucun problème à aggraver la crise de recrutement qui commence à s’affirmer et à faire de nos futurs collègues des « malgré-eux » en dénigrant encore les conditions d’exercice du métier.

En attendant, Monsieur le Recteur, dites à ceux qui nous gouvernent que nous combattrons pied à pied les mesures actuelles et que la FSU mettra tout en œuvre pour empêcher de nouveaux reculs en matière d’éducation dans notre pays.


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