Titulaires remplaçants

vendredi 4 novembre 2005
par  snu55
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Titulaires remplaçants ... à flux tendu

Assurer les remplacements des maîtres absents, c’est assurer la continuité du service Public. Cette mission confiée à nos collègues ZIL et Brigades est difficile. S’il s’agit d’un dispositif spécifique au 1er degré, il souffre notamment d’un manque de moyens. Pourtant en période de recherche d’économies, certains pourrait y voir un réservoir de postes.

Les titulaires remplaçants ce sont aussi des missions de complément de service assurées le plus souvent par ld’autres. Tour d’horizon.

Titulaire-remplaçant. La terminologie est peu utilisée. Il faut dire qu’elle regroupe des situations différentes. On a plus l’habitude de parler des ZIL, des brigades, des TRS ou des modulateurs. Une diversité qui impose des fonctionnements différents.

Le remplaçant ZIL ou brigade vient suppléer l’absence de l’enseignant de la classe. Son arrivée est toujours un soulagement pour l’équipe. Elle désengorge immédiatement les autres classes de l’école au bord de l’asphyxie et permet aux élèves de retrouver une activité scolaire en relation avec leur niveau de classe. Même si cela n’est pas toujours simple.

Christian, instituteur confirmé, mais ZIL débutant depuis cette année, avoue que “quand on prend la classe, on ne sait pas où la maîtresse en est. Il faut trouver le cahier journal, les progressions, les clés...”. Pour se rassurer, il envisage de se spécialiser sur des thèmes que les collègues ont parfois des difficultés à traiter”.

Hélas, souvent le remplaçant n’arrive pas. En nombre insuffisant, leur gestion se fait à flux tendu. Chez les IEN, il y a quelques années encore, on tenait une comptabilité des petits remplacements non assurés. Ce n’est plus le cas. Depuis le passage de Claude Allègre, la misère est tombée sur les remplacements. Il en a réduit les moyens, instauré une référence technocratique à 8% des postes, vilipendé la formation continue. Il voulait faire tomber “les rigidités” entre ZIL et brigades, réviser le régime indemnitaire, faire sauter les week-end, imposer les élèves répartis aux directeurs... dans une profession où l’absentéisme reste somme toute très marginal.

Malgré le départ du ministre, les effets secondaires persistent. Le manque de moyens de remplacement reste flagrant. Les spécificités ZIL/brigade a du mal à résister à la pression du manque de moyens de remplacement. Des ZIL installés dans une classe sur du long terme, c’est maintenant une situation assez courante.

Le développement de la brigade n’a pas suivi celui des congés maternité. Quant au recrutement sur liste complémentaire, il se fait au compte goutte. Il est en tout cas stoppé chaque année au printemps avec le début du concours d’entrée à l’IUFM.

Parfois la situation est aggravée par un détournement de fonction. Du secrétariat de l’IEN à une mission de circonscription... on a même vu un collègue ZIL mobilisé auprès d’un seul élève pour suppléer un agent d’intégration.

Dans de nombreux secteurs, les collègues s’en plaignent légitimement. Puisque les IEN ne comptabilisent plus les remplacements non assurés, le SNUipp le fait. Dans chaque secteur, nous avons repris des dispositions pour tenir les comptes et revendiquer les moyens nécessaires. Un plan d’action qui s’ajoute aux consignes à suivre en cas de non remplacement et qui prévoit outre des adresses aux autorités, le renvoi des élèves au bout de trois jours sans remplacement.

Les premiers constats nous avaient conduits il y a quelques années déjà à revendiquer un nombre de classes moins important pour chaque ZIL, une augmentation des moyens de remplacement en ZEP et la création d’une brigade AIS pour permettre aux élèves des classes de CLIS, d’adaptation, de SEGPA notamment de continuer à être scolarisés lorsque l’enseignant est absent. Nous avons obtenu dans la dernière période que la brigade de formation continue soit augmentée mais nous sommes loin du compte, l’essentiel des moyens de cette formation reposant sur les stages de PE2.

L’acquis le plus important reste cependant l’indemnité de remplacement. Fini le distingo ZIL/brigade sur ce qui était alors des frais de déplacement, la dégressivité du taux... Par extension, elle concerne aussi les collègues complétant 2 mi-temps dans des écoles différentes ou effectuant plusieurs décharges de direction. En place depuis 1989 avec une “montée en charge” sur plusieurs années, cette indemnité, acquis syndical, a révolutionné le recrutement des ZIL. Ce qui était quasiment le passage obligé des jeunes en début de carrière, avec les postes de la brigade, est devenu une fonction très prisée.

Parfois, les candidats méconnaissent les difficultés d’adaptation qu’ils peuvent être amenés à rencontrer. Passer de plusieurs années dans la même classe à la confrontation avec tous les niveaux dans des écoles différentes du jour au lendemain, ne va pas sans faculté d’adapation.

Josiane, reconnaît que “c’est très perturbant. Hier, je faisais comptine de doigt en maternelle ; aujourd’hui je fais de la géométrie en CM2”. Elle est ZIL depuis 17 ans et se rappelle “qu’avant, c’était un poste très formateur. J’ai beaucoup appris”. Il lui faudra cependant attendre longtemps pour que l’IEN réunisse enfin les ZIL de sa circonscription. Il y sera sans doute question de tenue de cahier journal. Avec ses collègues, ils en profiteront pour échanger, mutualiser leurs expériences.

Il y a aussi les "TM de décharges", l’autre grande famille de titulaire-remplaçant. Créée, il y a une vingtaine d’année par revendication syndicale, la fonction est venue petit à petit se substituer aux brigades nommées à l’année. Elle permet ainsi d’obtenir des postes, dès les premières années de la carrière, sur des compléments de temps partiel, décharges de direction,... et de percevoir l’indemnité de remplacement lorsque l’enseignant exerce sur plusieurs écoles.

Deux, trois classes. Parfois quatre. Des niveaux différents. Pas forcément les mêmes disciplines à assurer. Ici, ce n’est pas tant de jongler entre les niveaux, les mêmes pour toute l’année, qui fait la difficulté que de ne jamais être vraiment le maître de la classe. Parfois avec un peu de chance, lorsque 2 mi-temps sont à compléter sur une même école, c’est une classe à l’année qui se présente. Une situation quasi comparable pour les "remplaçants de décharges d’application" qui travaillent en école d’application sans pour autant pouvoir bénéficier d’une classe à part entière.

Point noir de tous ces collègues : l’accès à la formation continue. Ils sont écartés des stages académiques et départementaux sous prétexte de ne pas pouvoir laisser une classe à un PE2. Une situation inadmissible, qui trouve écho jusque dans les circonscriptions en l’absence de brigades affectées au remplacement pour la formation continue en nombre suffisant.

Pour le SNUipp, tous les personnels ont droit à la formation continue. L’Inspection Académique et le Rectorat doivent mettre en place une formation de qualité pour tous les enseignants quel que soit le poste sur lequel ils exercent.


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