DECLARATION FSU CDEN JEUDI 4 FEVRIER 2016

jeudi 4 février 2016
par  snu55
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Déclaration de la FSU Meuse CDEN du 4 février 2016

M. le Préfet,

M. l’Inspecteur d’Académie,

Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Dans le second degré, l’année scolaire 2015/2016 est obscurcie par la préparation de la réforme du collège portée par le ministère mais toujours rejetée par la profession. Des formations-formatage ont été proposées aux personnels en vue de la mise en place de la réforme à la rentrée 2016.

Avant ces réunions, il existait quelques enseignants pour croire aux bonnes intentions affichées dans les médias par le ministère. Ce nombre s’est réduit à peau de chagrin quand les personnels ont constaté l’indigence des formations et l’incapacité des intervenants à répondre à leurs interrogations. La grève nationale du 26 janvier, bien qu’inégalement suivie sur le territoire, a conforté la FSU dans son positionnement : ABROGATION de la réforme proposée actuellement au profit d’une réforme enfin ambitieuse AU PROFIT DE NOS ELEVES. La lutte a été engagée l’an dernier et nous sommes prêts à la prolonger encore. Quelle qu’en soit l’issue, les personnels enseignants ont le souci du bien public chevillé au corps et feront de leur mieux pour prodiguer un enseignement de qualité à leurs élèves.

Même si l’académie de Nancy-Metz va être dotée, à la rentrée 2016, de 50 postes supplémentaires dans le second degré, le département de la Meuse va encore devoir rendre 8 ETP (équivalent temps plein) pour l’ensemble de ses collèges. En 2006, une étude du « Centre d’études et de recherches sur les qualifications » (CEREQ - établissement public dépendant du Ministère de l’Éducation nationale), avait montré que près de la moitié des cantons de l’époque (14 sur 31 soit 45%) était des zones à fort risque d’échec scolaire. A titre de comparaison, dans le département voisin de Meurthe et Moselle, le rapport était de 10 sur 44 (soit environ 23%). Les choses ont certainement évolué en dix ans, reste que la Meuse comme d’autres départements ruraux a des spécificités. Sont-elles prises en compte par ceux qui nous gouvernent ? On peut en douter …

Dans ce contexte, la FSU constate l’obstination du ministère à mettre en place « sa » réforme du collège. L’alourdissement du nombre d’élèves par classe dans certains établissements ne va pas aider la mise en œuvre des « Enseignements Pratiques Interdisciplinaires » (EPI). De plus, ces derniers nécessiteront, au sein du collège, un travail en équipe qui est rendu difficile en Meuse par les très nombreux compléments de service, surtout dans les petites structures.

Des efforts louables semblent être faits, cette année, pour préserver certains enseignements (Latin et Allemand entre autres) voire pour sauver des sections bi-langues. Cependant, qu’en sera-t-il de la pérennité des dispositifs mis en place localement pour aménager la réforme du collège ? Rien ne dit que ces efforts seront maintenus au-delà de l’année scolaire 2016-2017. On peut penser que les efforts de l’an 1 de la réforme du collège servent surtout à calmer les mécontentements d’une grande majorité des personnels et de nombreux parents d’élèves, et avant tout à passer le cap des élections de 2017.

A la rentrée 2015, la refondation de l’éducation prioritaire est entrée en vigueur sur l’ensemble des réseaux REP et REP+ (en Meuse deux établissements REP et un REP+). Force est de constater qu’entre 2015 et 2016 les moyens alloués au seul établissement REP+ de Meuse sont en baisse. On pourra arguer une chute des effectifs. Reste qu’il n’apparaît pas une grande volonté de faire vivre cet établissement. Cette situation interroge …

Les personnels que la FSU représente, ne sont ni immobilistes, ni réactionnaires. Ils attendent des réformes qui soient réellement ambitieuses et qui permettent la réussite de tous les élèves.

Dans le 1°degré, le Rectorat nous octroie 5 postes. Une dotation positive qui mérite d’être soulignée du fait de la rareté du phénomène en Meuse.

Malgré les annonces du gouvernement, sur les trois dernières rentrées scolaires en Meuse, la priorité au primaire ne s’est pas traduite par une amélioration des conditions d’enseignement. Bien au contraire. La création de 3 911 postes dans le premier degré à la rentrée 2016 ne sera pas suffisante pour mener à bien tous les chantiers en cours. Rappelons que c’est une programmation de 20 250 moyens d’enseignement supplémentaires, pour le premier degré, qui est inscrite dans la loi de refondation. A un an de la fin du quinquennat, un peu moins de 13 000 postes ont été créés. Nous sommes encore loin des engagements pris. La dotation départementale, avec 5 postes attribués nous parait bien faible. Certes, la baisse démographique de notre département est connue. Elle devrait permettre de rétablir tout ce qui a été mis à mal depuis plusieurs années :
- Ouverture de classe partout où le besoin s’en fait sentir ;
- Reconstitution et création des RASED complets avec diminution de leurs secteurs d’intervention ;
- Envoi en formation des personnels RASED, des directeurs SEGPA, des personnels ASH ;
- Augmentation du nombre de remplaçants ;
- Amplification des dispositifs moins de 3 ans et plus de maîtres que de classes ;
- Réduction des effectifs par classe ;

Au vu de tous ces besoins urgents, la dotation apparaît bien insuffisante.

Le département de la Meuse est précurseur en matière de restructuration du réseau des écoles. La Meuse est classée 1ere en France métropolitaine, à notre grand regret, pour le nombre de communes sans école publique (78 %). Les dernières années ont vu une fragilisation de certaines écoles qui nous font craindre la disparition progressive des petites structures. Le passage de 4 à 3 classes et de 3 à 2 classes devient critique et difficile pour les élèves et les enseignants. Les projets de regroupements plus conséquents éloignent de plus en plus le service publique d’éducation des usagers et contribuent à la désertification du secteur rural. Ils mettent à distance les familles les plus fragiles, tout en allongeant les journées des élèves. Ces derniers et leurs enseignants n’ont pas à faire les frais de ces choix qui ne sont bien souvent que financiers.

Par ailleurs, nous estimons qu’il vous appartient Monsieur l’inspecteur d’académie, Monsieur le préfet, Mesdames et Messieurs les élus et responsables des collectivités territoriales de préserver et garantir l’équité territoriale dans les conditions d’accueil et d’apprentissage des élèves sans oublier les conditions de travail des enseignants. Au-delà des moyennes statistiques en trompe-l’œil et des globalisations d’effectifs, la FSU vous demande de porter la plus grande attention sur la réalité des écoles, les organisations pédagogiques, les projets à court terme en matière d’aménagement du territoire.

Merci de votre attention.


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